Il s’en faut parfois de peu pour qu’un pays trouve sa voie. Singapour était une jungle au sud de la Malaisie. Parce que les Anglais cherchaient à établir un comptoir près du détroit de Malacca, parce qu’un monsieur Raffles a vu son potentiel, parce que son premier leader après l’indépendance a eu une vision stratégique tournée vers l’avenir (certes un tantinet autoritaire, ne nous voilons pas la face), le “petit point rouge“ sur la carte est devenu un géant vert.

Hier, le pays avait été (mal) nommé Singapura – le « pays du lion » – alors qu’on n’y a jamais vu la crinière d’un panthera leo, mais plutôt les rayures de quelques tigres. Aujourd’hui, il est l’un des quatre dragons d’Asie. Les économistes encensent sa réussite économique, les urbanistes saluent son approche environnementale : avec ses fermes urbaines, ses serres géantes et ses espaces verts au cœur des buildings, Singapour a des airs de cité futuriste qui esquisse la ville de demain.

Une réussite fondée sur une population en majorité immigrée – Chine, Malaisie, Inde et autres horizons –, arrivée pour des raisons économiques, et qui a su créer la recette d’un melting-pot équilibré. À Singapour, on célèbre chaque année la diversité des cultures durant le “Racial Harmony Day” : le 21 juillet, les écoliers échangent les recettes et les costumes traditionnels de leurs communautés respectives. Tout cela “démontre qu’il y a de l’espoir pour les migrants”, insiste l’enthousiaste Alvin Yapp (photo), qui a fait de sa maison du quartier de Katong le musée The Intan et est l’un des meilleurs ambassadeurs de la culture péranakan (métissage chinois-malais) de Singapour. Un exemple à méditer.

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